Café Philo :  » Sommes-nous entrés dans l’ère de la post-vérité ?

Pour l’ouverture de la saison, un sujet on ne peut plus d’actualité : « Sommes-nous entrés dans l’ère de la post-vérité ? ».

Lieu : Maison du Malpas

 

Le Washington Post a recensé en août plus de 4000 « fake-news » depuis 2O17 dans les innombrables tweets de Ronald Trump, soit en moyenne 7,6 fausses informations par jour… C’est avec la campagne présidentielle et l’élection de Trump, mais aussi le Brexit et la manière dont on a influencé le vote par de fausses informations, que les dictionnaires Oxford (référence dans le monde anglo-saxon)  font de ce terme « post-vérité » le mot de l’année 2016 .

Il désigne « des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour former l’opinion publique que l’appel à l’émotion et aux croyances personnelles ». Fake-news, bullshit (que l’on peut traduire par « foutaise » ou « connerie »), théories du complot, dérèglement des mises en doute systématiques, « le concept de vérité a pris un coup de vieux ces derniers temps » (Jean Semal), notamment avec les cascades informatiques des réseaux sociaux. Mais qu’en est-il au juste philosophiquement de la vérité ?

Cette indifférence plus grande à la vérité, si elle s’avère une réalité contemporaine, fait-elle écho à la réflexion réputée « relativiste » des philosophes parfois qualifiés de « post-modernes » ? Et surtout, question fondamentale, que Hannah Arendt n’a pas cessé de poser : comment préserver l’idée d’un « monde commun » si c’est « à chacun sa vérité », dans un monde où l’existence publique se réduit comme une peau de chagrin au profit du privé ?

Quoiqu’il en soit, Bertrand Russel avait sans doute raison de nous mettre en garde : « On s’exposerait à des catastrophes de la pire espèce si on essayait de se défaire de la notion de vérité ou de l’accommoder à sa convenance »…

 

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